Je suis normalement censée avoir un vocabulaire suffisamment étendu pour exprimer la majorité des pensées qui me traversent l'esprit.
Malheureusement il n'est pas toujours possible de dire tout ce que l'on ressent. Les auteurs s'en tirent généralement en utilisant des pirouettes telles que celles que l'on trouve dans des phrases comme "Aucun mot humain ne pouvait suffire à décrire une douleur comme la sienne". Elles sonnent généralement très justes et, prises dans le flot des phrases qui racontent comment cette mère a perdu ses enfants, elles passent inaperçues.
Le lecteur ne se pose pas plus de questions. Pirouette réussie.
Mais quand ça vous arrive.
Et qu'en plus il faudrait que vous vous exprimiez dans une langue autre que votre langue maternelle.
Alors là vous vous contentez de ne rien dire.
Pour parler plus correctement: JE n'ai trouvé rien de mieux que de ne rien dire et de ruminer toute seule sur mon siège auto.
Me demandant où était la frontière entre le caprice et la colère justifiée,
me demandant à qui j'en voulais vraiment pour finalement m'énerver encore plus en constatant que c'était à moi,
me demandant pourquoi j'étais larguée comme ça.
Un coup de fil et voilà le sourire qui revient. Merci chouchou :)
Un bon début, même si ça cogite encore là haut.
(tiens, j'ai trouvé un bon motif pour ne plus bouillir de rage: "cerveau bouillu, cerveau foutu"... Je sais: elle est nulle)
Profond énervement donc.
Je n'oublie pas que les routes sont toujours trop courtes dans ces cas-là.
Trop longues et trop courtes à la fois.
